A la suite d’un article du +NouvelObs

10 février 2013

Décryptage de cette étude par Thomas Guénolé, politologue à Sciences-Po.

Article publié dans le +NouvelObs. sous la qualification « EXPERT »

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/778451-banalisation-du-front-national-la-france-ne-se-droitise-pas-elle-se-frontise.html

 

LE PLUS. L’adhésion aux idées du Front national (FN) progresse. C’est ce qui ressort du baromètre annuel de TNS-Sofres, rendu public mercredi 6 février. Selon ce sondage, 32% de Français se disent « tout à fait » ou « assez » d’accord avec les idées du parti de Marine Le Pen. Décryptage de cette étude par Thomas Guénolé, politologue à Sciences-Po.

Édité par Sébastien Billard  Auteur parrainé par Mélissa Bounoua

Marine Le Pen entourée de journalistes à Paris, le 18 décembre 2012 (REVELLI-BEAUMONT/SIPA).

Marine Le Pen entourée de journalistes à Paris, le 18 décembre 2012 (REVELLI-BEAUMONT/SIPA).

 

Le baromètre d’image 2013 du Front national réalisé par l’institut de sondages TNS-Sofres a été abondamment repris par les médias. Deux types de données ont été systématiquement mis en avant : d’une part les 51% de Français considérant que le FN est un parti comme les autres ; d’autre part le taux d’acceptation d’accords électoraux entre la droite et l’extrême droite.

Ce ne sont pourtant pas les informations les plus intéressantes de cette enquête.

 

Une adhésion croissante aux idées du FN sur l’immigration

En réalité, les résultats les plus spectaculaires concernent le taux d’adhésion aux thèses du FN en matière de rejet de l’immigration et, par amalgame, de l’islam.

- « On ne défend pas assez les valeurs traditionnelles en France » : 72% des Français, 59% des sympathisants de gauche et 86% des sympathisants de droite sont d’accord.

- « On accorde trop de droits à l’islam et aux musulmans en France » : 54% des Français, 37% des sympathisants de gauche et 77% des sympathisants de droite sont d’accord.

- « On ne se sent plus vraiment chez soi en France » : 54% des Français, 25% des sympathisants de gauche et 61% des sympathisants de droite sont d’accord.

De fait, un terme dans le débat public crée un immense malentendu : droitisation. Ce néologisme est apparu durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy pour faire référence, entre autres faits marquants, à la création du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationaleau discours présidentiel de Grenoble faisant le lien entre immigration et criminalité, à la circulaire Guéant faisant le lien entre immigration et chômage, et à l’engagement de campagne électorale en 2012 de revenir sur la libre circulation aux frontières née des accords de Schengen.

Ce néologisme crée la confusion car il induit que plus vous vous rapprochez des thèses du FN, plus vous êtes de droite, la position la plus poussée vous conduisant ainsi à l’extrême droite. Or c’est objectivement faux.

 

La droitisation, un non-sens politique

La droite contemporaine repose sur six fondamentaux auxquels adhèrent ses électeurs : le rejet viscéral de la gauche, le mérite individuel contre l’assistanat, le secteur privé performant contre le secteur public inefficace, le souhait de baisser les impôts, un conservatisme moral, l’hostilité à l’immigration.

Sur cette base, quatre familles insistent chacune sur une partie de ces fondamentaux : la droite libérale, la droite néogaulliste, la droite morale et la droite sécuritaire. Logiquement, évoquer une droitisation est donc un non-sens, puisque immédiatement, on objectera qu’il faut préciser de quelle droite on parle.

En d’autres termes, droitisation est un néologisme aussi flou qu’inopérant. En réalité, qu’il s’agisse des chiffres précités de l’enquête de TNS-Sofres ou des positions précitées prises par la droite durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, ce que l’on observe ici, c’est l’incorporation totale ou partielle des diagnostics du FN, voire de ses préconisations, par l’électorat français et par les états-majors des partis de gouvernement, gauche et droite confondues. Il ne s’agit donc pas d’une droitisation mais bien d’une frontisation.

À la compétition électorale s’ajoute une bataille des idées qui surdétermine pour partie son issue. Cette frontisation est à cet égard, de la part de la droite comme de la gauche, une capitulation en rase campagne.

 

La défaite du rationalisme

À gauche, il y a eu notamment abandon de la grille de lecture sociale des questions d’immigration. Par exemple, plus aucun responsable socialiste, sous peine de se voir taxer d’angélisme, n’ose affirmer que la surproportion d’immigrés dans la délinquance et la criminalité est une conséquence logique de la surproportion d’immigrés touchés par la pauvreté et par le chômage.

À droite, il y a eu incorporation complète, non seulement des diagnostics, mais également des préconisations du FN sur les questions d’immigration. Qu’il s’agisse de l’amalgame entre immigration et criminalité, entre immigration et chômage, ou entre immigration et islam, il n’y a de fait plus de différences significatives aujourd’hui entre les discours publics de la droite et de l’extrême droite sur ces sujets.

Dans ce contexte, sans aucun parti de gouvernement pour lui porter la contradiction au cœur même de son argumentaire et de son référentiel idéologique, il est parfaitement logique qu’une proportion croissante de Français considère le FN comme un parti normal, voire adhère à ses thèses.

Or lorsque tel ou tel tribun raconte objectivement n’importe quoi, et que nul ne lui apporte la contradiction par une argumentation reposant sur les faits plutôt que sur une accumulation de préjugés, alors, il y a nouvelle défaite en rase campagne : celle du rationalisme.

Pour ne prendre qu’un exemple, selon le rapport universitaire Chojnicki pour le ministère des Affaires sociales, les immigrés reçoivent de l’État 48 milliards d’euros mais lui en reversent 60, soit un solde positif de 12 milliards d’euros. Il est donc factuellement faux – autrement dit faux – de dénoncer le coût de l’immigration pour notre pays.

 

L’immigré communautariste, un péril fantasmé

 

S’il faut prendre un autre exemple, selon l’Observatoire des inégalités, une personne de nationalité marocaine, dont le nom et le prénom sont à consonance marocaine, doit déposer en moyenne 277 CV avant d’obtenir une proposition d’entretien d’embauche pour un poste de comptable, tandis qu’une personne de nationalité française dont le nom et le prénom sont à consonance française doit en déposer en moyenne 19, soit 14 fois moins.

Il est donc factuellement faux – autrement dit, faux – de dénoncer une propension des immigrés à refuser de travailler et à être plus touchés par le chômage pour cette raison, alors que cette propension s’explique par la discrimination à l’embauche.

L’écrasante majorité des immigrés ne pose rigoureusement aucun problème d’insécurité, de délinquance ou de criminalité. L’écrasante majorité des immigrés ne coûte rien aux finances publiques et leur rapporte : elle exerce un emploi, paye ses impôts, paye ses cotisations. L’écrasante majorité des immigrés adhère aux valeurs républicaines et, sur la question régulièrement mise en avant de la laïcité, ne se définit elle-même pas par sa religion.

Ce sont là des vérités simples et très faciles à prouver, au contraire du péril fantasmé de l’immigré musulman communautariste, poseur de bombes et égorgeur de moutons qui, à en croire les termes du débat public sur l’immigration depuis plusieurs années, constituerait le profil type des gens que nous accueillons sur notre sol.

Question ouverte à la classe politique : puisque ce sont là des vérités simples et très faciles à prouver, pourquoi ne pas les dire ?

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Au terme de son long exposé, Mr Guénolé a raison sur un seul point : L’opinion, et l’électorat, se « frontisent ».

 

Les changements de discours de la droite soi-disant de gouvernement, n’y changeront rien, cette droite là a perdu toute sa crédibilité : elle s’avère menteuse, tricheuse, corrompue par le pouvoir, clientéliste, vendue aux  puissances financières, à l’identique de la gauche avec qui elle partage le pouvoir depuis la démission du Général De Gaulle, en 1969, bientôt 45 ans.  Et les diverses rodomontades des Sarkozy, Guéant, Buisson, Copé et Cie, dans le seul but de capter un électorat en train de leur échapper n’y changeront rien.

Le premier successeur de De Gaulle fut un banquier, ne l’oublions pas, qui faisait son boulot de premier ministre sous le contrôle du général, et qui, devenu président sans contrôle, a eu vite fait de mettre en route la loi de 1973, interdisant à l’Etat de se financer à auprès de la Banque de France, et l’obligeant à aller quémander auprès des marchés financiers contre intérêts et à la botte des agences de notation, elles mêmes corrompues comme la suite nous l’a démontré (une d’entre elles est convoquée par ailleurs devant la justice américaine).

Cette droite là n’a plus aucune valeur morale, et le PS n’est pas mieux considéré, tous se sont réunis pour voter en Congrès à Versailles le traité de Lisbonne, bien que nommé différemment, contre la volonté d’une majorité de Français qui l’avaient rejeté par référendum.  Pour que cette droite là se revendique du Gaullisme, il eusse fallu à tout le moins que Sarkozy démissionnât après cet échec.

Sur ce sujet de l’immigration Mr Guénolé invente un amalgame qui n’a pas lieu d’être, parce que c’est la réalité qui se porte en contradiction.  Il y a en effet véritablement une relation de cause à effet entre immigration et islamisation, comme il y a une relation de cause à effet entre l’immigration et l’augmentation de l’insécurité.

D’une part la réalité montre que c’est l’augmentation de la population d’immigrés, souvent analphabètes dans sa propre langue, qui est la cause de la montée de l’incivisme et plus grave de la délinquance, parce qu’on peut constater la surreprésentation de cette population dans nos prisons, avec par ailleurs la revendication d’être visités par des imams, sans compter ceux qui sont condamnés et qui n’y vont pas.

D’autre part l’islam s’exhibe, revendique et tente de nous imposer son propre mode de vie, la sharia : prières dans la rue, construction de mosquées et de minarets, mariages polygames, tribunaux de quartier, abaissement de la condition féminine avec l’obligation au mieux de porter le voile, au pire le tchador ou la burka.  Les revendications continuent dans les cantines, pour des heures d’ouverture des piscines réservées aux femmes, pour les tenues de bain. Effectivement, les musulmans égorgent les animaux, tournés vers la Mecque, parfois dans la rue. Ces viandes envahissent les rayons des supermarchés sans information des consommateurs, qui paient ainsi en toute ignorance un impôt religieux. Cette liste n’est pas exhaustive. Oui cet islam nous encombre.

Mr Guénolé les prétend respectueux des lois de notre République.  Pourtant  l’immense majorité des tunisiens vivant en France a voté pour le parti islamiste, Ennahda, aux élections en Tunisie. Et dans des temps pas si anciens que cela, le FLN trouvait de solides appuis dans la population algérienne qui vivait en France. Vous me direz, le FLN trouvait aussi des portes valises à la CGT, au parti communiste entre autres, au détriment de la vie de nos soldats majoritairement « appelés » qui combattaient dans les bleds.

De plus, sujet évité par l’auteur, il y a un problème avec l’immigration qui tire les salaires à la baisse, et d’autre part les  français ont bien compris qu’au rythme imposé, c’est une véritable substitution de population qui est en train d’avoir lieu. Les Français ne se sentent plus chez eux, et bientôt ils n’y seront plus.

 

Venons en maintenant à votre description de la droite :

- Vous vous trompez, toute la droite est libérale. Et c’est en cela qu’elle se rapproche le plus de la gauche, ce qui ne trompe plus grand monde par ailleurs. Et on devrait ajouter mondialiste. Que ne nous a-t-on abreuvé du « nouvel ordre mondial » ! Quel politique n’y est pas allé de son petit couplet ?

Et ceux qui au fond d’eux même ne le seraient pas, ne l’expriment pas, trop couards et effrayés qu’ils sont de perdre leur investiture par le parti.

- Les néo gaullistes ne sont que des faux nez, dont De Gaulle n’aurait pas voulu dans son personnel, même pour nettoyer les parquets. Ils ont trahi toute les valeurs de la France et en particulier abandonné sa souveraineté.

 

- Le rejet viscéral de la gauche n’est opérant que pour la conquête des postes et du pouvoir, et vice versa. Sinon, sur le reste, sur l’essentiel hormis les questions sociétales,  ils sont pratiquement toujours d’accord.

 

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- Le secteur privé contre le secteur public inefficace : l’intention est seulement de diminuer le poids de l’Etat, quel que soit le prix : rappelons nous les autoroutes, bien collectif payé par les contribuables et vendu malgré tout. Certes, cela est valable pour le ramassage des ordures ménagères ou l’entretien des jardins. Mais que penser de la séparation du rail et des matériels roulants ? Il y a des services qui doivent être maintenus dans le giron de l’Etat : ceux dits stratégiques,  ceux qui se trouveraient en situation de monopole, ceux qui sont les outils de la solidarité, de la sécurité et de la justice, et enfin le droit de battre monnaie, afin de protéger les citoyens des abus économiques et financiers des uns ou des autres : « la main qui donne est toujours au dessus de la main qui reçoit ».

Cette droite là, sur tous ces sujets, est complètement disqualifiée. Quand à la droite morale et sécuritaire, j’ai bien compris que vous aviez voulu nous faire rire, scandales et statistiques venant porter à l’une et à l’autre une contradiction définitive.

De Jean Bodin à Charles de Gaulle, il nous avait fallu 15 siècles et nombre de révolutions et de guerres pour en arriver à la Constitution de la Vème République de 1958, détruite en 45 ans de pouvoir partagé UMP et PS/PC. Le Général avait raison de haïr la République des partis.  Hélas, beaucoup de Français ne savent pas qui était ce vieux monsieur qui avait une certaine idée de la France éternelle, celle qui transcendait les générations, leur accrochait  les pieds dans la terre et la tête dans les étoiles.

A tout les thèmes du Front National, l’opinion adhère de plus en plus, parce que les masques tombent. La désinformation n’est plus aussi facile grâce à internet, ou tout un chacun peut aller chercher l’information qu’il ne trouve plus dans les grands medias. Dans cette période de crise, ils se rendent compte qu’ils ont un nouveau besoin de connaissance et ils vont la chercher. Même les discussions de bistrot, comme on dit, y gagnent en qualité.

Venons en maintenant au chapitre sur le rationalisme, c’est à mon goût le plus drôle. En appeler au rapport du Prof. Chojnicki, auquel personne n’ose se référer tant il est biaisé, c’est un sacré culot, quand on a lu « les Yeux Grand Fermés » de Mme Triballat,  ou les monographies de Jean Paul Gourevitch sur le site « le cri du contribuable ». Et puis pourquoi tant de secrets autour de cette question ? Pourquoi est-il aussi difficile d’obtenir des chiffres, des statistiques contrôlables ?

Le grand problème de l’étude de Chojicki c’est qu’il ne tient aucun compte des coûts annexes à l’immigration : retraite pour les vieux qui arrivent au nom du regroupement familial, rien sur l’immigration clandestine, rien non plus sur les coûts sociétaux de police et justice, rien sur ceux de la délinquance, les trafics divers et variés dans les banlieues, l’économie informelle diraient certains, les coûts de l’éducation, l’ AME, etc… et pour finir l’arrivée de la dépranocytoze et plus grave le retour de la tuberculose.

Et puis, quand on se présente devant un organisme social ou un pole pour l’emploi, qui voyons nous, que constatons-nous ?

Les Français ont des yeux pour voir, même ce qu’on voudrait leur cacher.

Et si les immigrés ont besoin d’envoyer 277 CV pour un emploi, c’est juste le signe qui montre que les Français majoritairement n’en veulent plus, mais aussi que ce sont des gens sans aucune qualification pour l’essentiel.

Il est clair que le seuil de tolérance est dépassé depuis longtemps.

Il ne s’agit pas d’une droitisation, mais d’une frontisation effectivement, mais en un sens que Mr Guénolé n’a pas appréhendé, celui d’électeurs se moquant des consignes des partis, lassés par 40 ans de social clientélisme, d’inefficacité dans la gestion de l’ Etat, et de laisser aller général d’une classe politique complètement démonétisée.

Je rencontre de plus en plus de gens qui me disent : « On a tout essayé, de la gauche à la droite. Pourquoi pas le Front National ? »

 

Et puisque, Mr Guénolé, vous avez des vérités simples et faciles à prouver, et bien prouvez les, qu’on en discute

Juste une piqure de rappel

4 juin 2012

Il importe, devant l’afflux d’informations de toutes sortes, dont nous sommes abreuvés, quotidiennement, de se forger une grille de lecture, pour garder une réflexion critique, sur les discours officiels, afin de ne  pas se soumettre à la seule pensée dominante.

On vous propose de vous inspirer du linguiste et philosophe, de sensibilité anarchiste, nord-américain, Noam Chomsky, professeur à « MIT », qui a élaboré une liste des «Dix Stratégies de Manipulation», à travers les média. 

Voici l’éventail des «armes silencieuses pour guerre tranquilles» comme Chomsky les qualifie :

1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles. «  Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser ; de retour à la ferme avec les autres animaux. »

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée «problème-réaction-solution». On crée d’abord un problème, une «situation» prévue, pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3/ La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en «dégradé», sur une durée de 10 ans. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4/ La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme «douloureuse mais nécessaire», en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. Cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants. Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celle d’une personne de 12 ans ».

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures ».

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver «cool» le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution !…

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

 

Ici le lien

 

Libéralisme, néo libéralisme et ultra libéralisme

23 mai 2012

Il y a beaucoup de confusion dans l’utilisation de ces termes, surtout parmi les non initiés.

 

Le  libéralisme des fondateurs, philosophes humanistes des Lumières, s’inscrivait dans un projet global, s’opposant aux injustices et à l’immobilisme du pouvoir aristocratique de leur temps, et donnait à l’être humain, sans distinction de condition, la place centrale. Le principe suprême de la morale et de la politique était pour eux « le plus grand bonheur de l’humanité et de tous les êtres doués de sensibilité ». Il doit être possible d’admettre que la plupart des libéraux des Lumières auraient été horrifiés par les actes et les idées de leurs prétendus continuateurs.

 

l’ultralibéralisme désigne de manière générique les idéologies «libérales» qu’on peut qualifier d’extrémistes, en ce qu’elles prônent la suppression de toutes les formes de la régulation essentielle au libéralisme classique.

 

Quant à la notion de néolibéralisme, elle désigne des courants spécifiques du libéralisme apparus dans la seconde moitié du 20e siècle.

Tout en se présentant comme l’héritière exclusive et légitime du libéralisme, cette dernière s’est peu à peu radicalisée, à mesure de sa participation au pouvoir (auprès de Margaret Thatcher, Ronald Reagan, à la Banque mondiale et au FMI), jusqu’à conseiller et encourager la dictature de Pinochet.

Considérations au regard desquelles on peut suggérer que le vrai visage du néolibéralisme se fait jour dans l’apologie à peine masquée de la loi du plus fort – accompagnée comme il se doit d’un réquisitoire à l’encontre du pauvre – d’un George Gilder.

En Amérique latine, la « décennie perdue » des années 1980 avait été marquée par :

-      une profonde crise économique,

-      une hyperinflation dévastatrice,

-      la déstructuration sociale et

-      l’ instabilité politique.

La crise de la dette extérieure, écartant le sous-continent des marchés financiers, le priva d’investissements extérieurs, avec un transfert net négatif de ressources financières, de près de 25 milliards de dollars en moyenne annuelle, en direction du Nord.

Cette école néo libérale est à l’origine du « Consensus de Washington », dont voici l’essentiel (article paru en 1989 sous la plume de l’économiste John Williamson) :

- Une stricte discipline budgétaire

- Cette discipline budgétaire s’accompagne d’une réorientation des dépenses publiques vers des secteurs offrant à la fois un fort retour économique sur les investissements, et la possibilité de diminuer les inégalités de revenu (soins médicaux de base, éducation primaire, dépenses d’infrastructure) ;

- La réforme fiscale per l’élargissement de l’assiette fiscale et la diminution des taux marginaux ;

- La libéralisation des taux d’intérêt ;

- Un taux de change unique et compétitif ;

- La libéralisation du commerce extérieur ;

- Élimination des barrières aux investissements directs de l’étranger ;

- Privatisation des monopoles ou participations ou entreprises de l’État, qu’il soit idéologiquement considéré comme un mauvais actionnaire ou pragmatiquement dans une optique de désendettement ;

- La déréglementation des marchés par l’abolition des barrières à l’entrée ou à la sortie ;

- La protection de la propriété privée, dont la propriété intellectuelle.

L’un des arguments en faveur de ce programme est l’existence d’administrations pléthoriques et parfois corrompues. Nous avons là tous les ingrédients de la crise structurelle actuelle.

 

Il a été constaté que le Fonds monétaire international et la Banque mondiale exigent de fait la mise en place de politiques inspirées de ces principes pour l’octroi de leurs prêts aux États qui leur demandaient de l’aide. Si certaines recommandations sont louables, d’autres sont directement à l’origine des troubles actuels.

 

Loin d’avoir l’accord de tous les économistes, ce « consensus » contient des points rejetés par nombre d’entre eux.

 

Alors que le contre-modèle communiste a pratiquement disparu, les voies alternatives au consensus dit « de Washington» ont longtemps eu du mal à percer.

 

À partir de la fin des années 2000, les organismes financiers internationaux (FMI et Banque mondiale) chargés d’appliquer ce consensus vont infléchir leur discours, voire leurs pratiques.

- En 2007 la Banque mondiale reconnaît la nécessité de l’intervention de l’État.

- En 2008, un rapport de la mission croissance et développement du même organisme, conclut que pour faire reculer la pauvreté un État fort est nécessaire.

- Avec la crise de 2008, le FMI appelle les États à utiliser leur budget, y compris en pratiquant le déficit, pour éviter une dépression.

- Durant la période 2008-2009, 16 des 19 plans élaborés avec le soutien du FMI recommandent des hausses des budgets sociaux.

- Enfin, le directeur général du FMI de cette époque admet que la libre circulation des capitaux met en danger l’économie, nécessite un certain niveau de régulation et le cas échéant de taxation.

C’est alors qu’ on est amenés de repenser à Keynes et Maurice Allais, notre seul Français prix Nobel d’économie, au sujet desquels j’écrirai quelques lignes bientôt…

 

Manifeste de résistance au capitalisme financier (éd. Books on Demand), p. 65

http://changerlemonde1.jimdo.com/lib%C3%A9ralisme-ultralib%C3%A9ralisme-et-n%C3%A9olib%C3%A9ralisme/

Consensus de Washington

http://fr.wikipedia.org/wiki/Consensus_de_Washington

 

 

Où sont passés les communistes ?

18 mai 2012

Le « capitaine de pédalo » n’a pas fait entrer de communistes dans le gouvernement. Ils étaient pourtant candidats, ils l’avaient dit. Mais le marin a de la mémoire et règle ses comptes avec cette extrême gauche représentée par Mélenchon qui l’a tant malmené pour exister pendant toute la campagne présidentielle. Oh ce dernier s’est rallié dès la première seconde au nouveau patron de la France, mais cela n’a pas suffi, semble-t-il.

Et s’il espérait l’absence de candidat socialiste dans la circonscription où il se présente, il doit être bien déçu. Le PS et EELV ont refusé tout accord pour les législatives.

 

Hollande a raison de son point de vue. Il installe à sa convenance une direction socialiste, qui se répercute d’ailleurs dans toutes les régions de France, hormis l’Alsace, et dans la quasi totalité des grandes villes. C’est cela le bilan politique du quinquennat de Sarkozy.

 

Après avoir phagocyté les verts, le nouveau Président s’attaque maintenant donc au Front de Gauche, conforté dans sa démarche par le piètre résultat à la présidentielle de Mélenchon qui voulait devenir le troisième homme. Son échec met un terme à l’illusion orchestrée par les médias et ouvre pour le Président un large champ de manœuvres.

 

Que risque donc Hollande face à une droite en capilotade, avec un Copé qui campe encore sur une soi disant barrière sanitaire vis à vis d’une Marine Le Pen qui n’est pas prête de son côté å faire la moindre concession ?

Il est possible qu’il se retrouve avec une majorité relative qui l’empêcherait de gouverner. Viendrait alors le temps d’intégrer des communistes dans un second gouvernement…

L’Allemagne prise au piège

8 mai 2012

On peut dire, parce qu’on le constate au travers des chiffres, que l’Allemagne a bien profité de l’Europe et de la monnaie unique, puisque c’est dans ce champ d’action qu’elle a trouvé l’essentiel de ses profits. Sa balance commerciale hyper créditrice a ruiné les pays de la périphérie, ceux du sud, l’objectif étant de faire financer ses retraites dans un pays vieillissant par « les autres », c’est à dire nous. Elle est donc, à cause des plans de rigueur qu’elle impose à tous, en train de perdre ses meilleurs clients. En faisant travailler les ex Allemands de l’ est à des salaires qu’aucun Allemand de l’ouest n’aurait accepté et en allant chercher par la sous traitance dans les pays de la feu URSS le complément de main d’œuvre dont son industrie a besoin, elle a installé une concurrence déloyale au sein même de la zone. Certes elle a fait auparavant des réformes structurelles sévères, propres à la mentalité allemande et inapplicables dans d’ autres pays. Aucun ne pouvait suivre le rythme d’enfer qu’elle a imposé, même si c’est pour des raisons différentes selon les nations.

Il lui faudrait donc maintenant payer pour rétablir l’économie des pays défaillants: accepter plus d’intégration, et mettre au pot commun des dettes souveraines. C’est à dire abonder la BCE et permettre à la zone sud de se rétablir peu à peu par l’apport quasi inconditionnel de financements, accompagné de mesures internes a minima; rigueur supportable, fin de la fraude chez certains, réduction de la voilure du secteurs public dans d’autres,  refinancement des banques, démarrage de grands travaux, à l’échelle de l’ Europe ou des pays, etc.

La question n’est même pas de savoir si elle l’accepterait, parce qu’elle ne le peut pas.

L’Allemagne semble avoir le leadership, certes, mais pour combien de temps encore ? En restant dans le cadre de l’UE, stricto sensu, elle est condamnée comme les autres. Elle l’a d’ailleurs bien compris et est en train d’essayer de faire avec la Russie la même manœuvre qu’elle a éprouvée avec nous. Poutine sera-t-il d’accord ?

Les médias français connaissaient bien tout cela, en tout cas leurs experts économistes. F. Lenglet a attendu l’élection de François Hollande pour mettre les points sur les I, comme d’autres. Il vient même de dire qu’il est possible que Hollande soit le président du « retour au franc » !

Est-ce honnête de la part de journalistes dont on peut concevoir que certains soient militants, mais dont on pourrait espérer que d’autres nous aident à comprendre les situations ?

Un dessin vaut mieux que mille discours

7 mai 2012
Socialistes
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Mitterrand
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L’élection importante ne se passait pas en France

7 mai 2012

Titre passablement provocant et pour cause: qui peut croire que la politique de notre pays sera bouleversée par le remplacement de Sarkozy par Hollande. Ni en matière d’Europe ou d’ €uro, ni dans celle de l’immigration ou encore de lutte contre la mondialisation et l’ultra libéralisme qui fait mourir notre économie à petit feu,  Hollande ne déviera de la ligne tracée par le Président sortant.

Non, le fait le plus important et qui nous concerne au premier chef, s’est passé en Grèce. Les deux partis majoritaires ont été laminés par les partis contestataires, ceux qui ne veulent plus de l’austérité (quel mot doux pour décrire la réalité que vit ce peuple), et qui n’ acceptent plus les diktats de  la troïka: UE, BCE et FMI.

La formation d’un gouvernement est-elle seulement possible ? J’en doute et ne suis pas le seul.

Il reste aux Grecs à réimprimer des drachmes dans l’urgence et à dénoncer la dette illégitime que les marchés internationaux leur ont imposée. Ils vivaient bien avant l’ €uro, ils vivront bien après avoir fermé cette sinistre parenthèse dans leur histoire.

Mais ce n’est  que la première pièce  du sinistre jeu qui vient de chuter. A quand le Portugal et l’Espagne ?

Alors, notre nouveau président qui n’a rien compris aux problèmes de notre économie ou qui les nie au nom d’une idéologie mortifère ne pourra rien. Rien pour sauver l’Espagne, rien pour sauver l’Europe qui s’écroulera comme un chateau de cartes. Dans le désordre, bien sûr, comme lorsque des évènements dramatiques arrivent qu’on n’a pas voulu voir, qu’on s’est montré incapable d’anticiper.

Si gouverner c’est prévoir, Hollande commence mal, je le crains…

le tourbillon espagnol

4 mai 2012

L’Espagne connait un  chômage supérieur à 24 % et qui touche en particulier un jeune sur deux. Le drame espagnol a un nom: « bulle immobilière ». Copie presque conforme à celle qui s’est produite aux Etats Unis.

Encore une fois ce sont les banquiers, les fonds de pension et autres « investisseurs » qui étaient à la manœuvre. Et pour autant les ménages ne trouvaient pas de logements. Les banques sont engagées pour 320 milliards dont à peu près la moitié sont considérés comme toxiques. La BCE, donc nous, leur a prêté 300 milliards… Le peuple espagnol est appelé à rembourser.

Des millions de personnes se sont retrouvées dans la rue pour protester contre le plan Rajoy de couper 35 milliards dans les dépenses de l’Etat, et en particulier celles de la santé et de l’école. Les salaires des fonctionnaires sont gelés, ainsi que les indemnités de chômage, les pensions, les bourses. L’Espagne est dans le même temps entrée en récession alors que jusqu’en 2007 le taux de croissance était de 4 % l’an en moyenne. La dette du pays augmente, les taux auxquels les espagnols peuvent se refinancer aussi.  Combien de temps ce pays peut-il tenir en s’enfonçant dans la crise ? C’est une question à laquelle les dirigeants européens doivent trouver une solution d’urgence avant que tous les pays de la zone euro ne sombrent avec la péninsule ibérique.

Mais la vraie question c’est de savoir si cette solution existe ?

TINA

2 mai 2012

« There is no alternative ».C’est ainsi que Margaret Tatcher en son temps a vendu sa politique aux anglais.

« Nous n’avons pas le choix ». « il n’y a pas d’autre alernative ».

En France la situation va se dégrader, et cette dégradation est inscrite dans les montants insupportables des déficits: budgétaire, de notre commerce international, social avec nos chômeurs et les personnes vivant en dessous ou à peine à la limite du seuil de pauvreté. Tout cela avec une dette qui ne cesse de croître.

Jusqu’au point auquel le nouveau Président nous ressortira cette phrase mythique. Sarkozy l’a déjà fait, Hollande y sera obligé, tôt ou tard, il essaiera le plus tard possible. Les conséquences sont connues et inéluctables.

L’impératif est de baisser les coûts de production pour s’attaquer au déficit de la balance commerciale. Il faudra exporter pour inverser la courbe croissante du chômage et ça passera par la baisse des coûts salariaux, au mieux en laissant filer l’inflation sans toucher aux salaires, et en retardant les ajustements, comme ceux des retraites et des aides sociales. Cette manipulation a déjà commencé. R & D n’y pourront rien et cette poudre qu’on nous a jetée aux yeux va vite se dissiper. « Tina »…

La gestion du déficit budgétaire est une belle épine dans le pied des finances de notre pays. Le nouveau Président devra s’y coller. Comment ?

- En supprimant des dépenses. Mais il ne faut pas se faire d’illusions: le Sénat qui ne sert à rien ne disparaitra pas, de même que le Conseil économique et social. Soyons en sûrs le train de vie de l’Etat ne diminuera pas. Ni Députés ni Sénateurs ne reviendront sur les avantage acquis alors qu’ils sont prêts à le faire pour le reste de la population. Pas plus que les cabinets ministériels ou ceux des hauts fonctionnaires. La République est belle fille et sera toujours généreuse avec ces élites, puisque ce sont elles qui fixent les règles.  Il va falloir donc gratter ailleurs: le nombre des fonctionnaires, leur rémunération, l’armée et la justice dont les budgets sont indignes d’une grande nation. L’ écologie sera sacrifiée sur l’autel de l’urgence. La police et la gendarmerie aussi, malgré les rodomontades des candidats. Les bâtiments publics continueront à se dégrader comme nos tribunaux, nos écoles ou nos commissariats. Les biens de l’ Etat, c’est à dire les notres, continueront à être bradés comme c’est le cas depuis de nombreuses années déjà par le solde des privatisations et la vente de terrains et immeubles. Ne nous y trompons pas, tout ce qui pourra être vendu le sera.  TINA.

- Et aussi en augmentant les recettes: entre autres la TVA gagnera quelques points, les tranches pour l’IRPP seront en partie gelées, les médicaments et les frais médicaux de moins en moins pris en charge, il faudra se mutualiser etc. La TIPP ne deviendra jamais flottante et plus nous roulerons, plus nous rapporterons à l’Etat. Pourtant dans de nombreux pays le carburant est moitié moins cher. Les IS seront rééquilibrés au bénéfice des PME, nous dit-on. Mais aussi au bénéfice de l’Etat, ce qu’on ne nous dit pas. Il en sera de même au niveau local, puisque toutes nos collectivités sont en déficit elles aussi et qu’elles auront aussi beaucoup de mal à se refinancer sur les marchés.

Les amis du pouvoir, ceux du monde des affaires et de la rente, seront préservés, sinon les diners en ville deviendraient rapidement infréquentables, nos élus ne trouveraient plus « poires pour leur soif », et certains nouveaux impôts quasi confiscatoires seront contournés sans problème par les « spécialistes optimiseurs » de situation fiscale.

C’est un choc, un incident  grave, qui nous mèneront à TINA. Peut-être des difficultés pour refinancer notre dette  sur les marchés, une demande non satisfaite, des taux prohibitifs, que sais-je. Et on nous dira enfin: « on n’a pas le choix ».

Quelle sera la suite ? Ce pourrait aller jusqu’à des émeutes, quand les gens en auront assez de courber l’échine, quand ils n’accepteront plus d’être martyrisés. Emeutes où tout peut se passer quand nous aurons dans la rue l’alliance objective de l’extrême gauche renforcée par des troupes de chocs venant d’au delà de nos frontières, et la racaille.

Sur le plan politique ce pourrait être une dissolution des la Chambre, mais pour quel résultat si c’est pour réélire les mêmes ?

Entre temps nos élites nous auront bien culpabilisés, en nous expliquant que nous n’avons bien vécu qu’en faisant des dettes, que maintenant il faut rembourser, comme pour toutes les dettes,  et que nous avons été très égoïstes en obérant l’avenir de nos enfants. Et que…

There is no alternative.

Le droit de vote pour les étrangers

30 avril 2012

François Hollande a inclu cette proposition dans son programme. Reste à définir le périmètre de « l’élection locale ». Cela peut aller jusqu’aux régionales, les sénatoriales et les législatives restant des élections nationales, ainsi que celle du Président de la République au suffrage universel. C’est le discours traditionnel du PS lorsqu’il veut faire éclater l’électorat dit de droite, UMP et FN à l’ancienne. Une étude de Terra Nova, le think tank socialiste de Thomas Piketti, montre clairement l’avantage électoral que tirerait le PS de cette disposition, à concurrence de 750 000 voix supplémentaires, bataillons recrutés pour compenser la fuite des ouvriers et des classes populaires. Puisque l’ électorat fuit, quoi de mieux que d’en inventer un nouveau, le regard embué de reconnaissance et tout acquis à sa cause. Il est donc probable que cette loi, sous réserve de « question préalable de constitutionnalité » ( ici ), voit le jour. De toutes façons le Conseil Constitutionnel ne s’y opposerait certainement pas, tant il a montré dans le passé sa servilité au système en place. Conseil Constitutionnel dont il faudra bien un jour se poser la question du mode de nomination… Mais pendant ce temps j’en imagine « une » qui doit bien s’amuser de la chose, si vous voyez qui je veux dire. Car en fait quoi de mieux  que ce genre de mesure pour encore gonfler ses troupes, en prévision de l’échéance de 2017 ? Certes d’autres problèmes auront assailli l’omni pouvoir socialo-communo-vert : crises de la balance commerciale, de la dette, du déficit, de l’ Europe avec la Grèce encore, le Portugal encore, l’Espagne bientôt, puis l’Italie et la France. La rigueur sera sévère quoique certains naïfs puissent en penser, et ce pouvoir au terme du mandat sera rendu dans l’ état de Sarkozy aujourd’hui, essoré. D’autant plus sévèrement que les dépenses aujourd’hui sont prévues sans compter. Nos électeurs étrangers aux élections locales que deviennent-ils pendant ce temps ? Ils auront accompli la besogne pour les municipales en 2014, assurant ainsi un contrôle encore plus intempestif et sans partage de la gauche sur  la Nation. Mais ils ne voteront pas pour la présidentielle, sauf de recevoir la nationalité, comme 100 000 d’entre eux bon an mal an. Est-il possible d’aller au dela, est-il possible  que Hollande passe cette barre, cette toise sarkozyenne ? Y aurait-il compétition pour le Guinness Book ? On se rend compte que la question de l’immigration dépasse le cadre économique, sécuritaire ou sociétal. Elle est devenue un instrument au service du parti au pouvoir. Je serais un électeur de Marine Le Pen, j’irais sans l’ombre d’un doute porter dans l’urne un bulletin Hollande et je l’applaudirais des deux mains lorqu’il fera porter cette proposition devant l’assemblée nationale. En prévision de la prochaine présidentielle, me disant de surcroit  que ce que la loi fait, la loi peut le défaire.

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